Mercredi 9 janvier 2008
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Je suis née en 1920 et je m’appelle Me CH.
Un jour, je discutais avec une jeune amie qui me dit « que les rues de Denain sont tristes !! ».
« Mais chère amie, il fût une époque (vers 1960), où il était plaisant d’y faire les boutiques! par exemple dans la rue Lazarre Bernard ! ».
En partant de la place vers le centre ville, se trouvait un marchand de légumes. Il vendait du vin qu’il achetait en tonneaux pour remplir des bouteilles sur lesquelles il collait ses étiquettes.
Ses dattes arrivaient desséchées et il les faisait regonfler en les trempant dans une bassine d’eau, puis présentées dans de jolies boites en vichy ! Il vendait même des cacahuettes.
Ensuite, venait un magasin de papiers peints. Les rouleaux étaient présentés ouverts avec les pots de peinture assortis.
Suivait une boutique de vaisselle en porcelaine ou faïence. La vitrine était si jolie qu’on avait envie de passer à table. La petite échoppe de l’herboriste jouxtait le magasin des 2 sœurs
Bourqueleau où l’on trouvait tout ce qu’on voulait: sardines fraîches rangées dans des paniers en rafia tressé, anchois frais, lait de noix de coco, produits exotiques, volailles préparées maison
( à commander bien sûr).
Le Louvre, qui n’a jamais disparu, je me souviens qu’il y avait dans le fond de la pièce un banc ou 2 vieilles dames en chapeaux et mitaines aimaient s’installer pour parler couture et j'adorais
les accompagner.
La banque qui suivait ensuite, vendait des pièces de monnaies anciennes. Venaient après, un fleuriste et une mercerie où l’on trouvait toutes sortes de boutons. Le marchand refusait qu’on y
touche ! Il fallait venir avec son tissu, pas commode ce Monsieur… Son épouse, elle, recouvrait les boutons dans la boutique.
Il y avait encore un marchand de laine dont j’ai oublié le nom… Ah ! Cette mémoire !!
J’ai peu de souvenirs de la pâtisserie qui suivait, sauf qu’il y avait un long couloir qui se terminait par le comptoir mais la chevaline d’après fabriquait des saucissons succulents !
Je me souviens bien !!
Et voilà nous terminons ce côté de rue par une pharmacie…
Si vous traversez la rue, vous trouvez sur le trottoir d’en face le magasin « aux milles chemises » » On y vendait des nœuds papillon, lavallières, écharpes blanches pour
hommes en satin avec motifs brillants et bien sûr toutes sortes de chemises…
Venait ensuite un coiffeur… Mais j’y allais peu, parce que trop cher mon goût!
La boutique suivante se présentait en 2 grandes vitrines : celle de gauche présentait des jouets et celle de droite des sacs à main, bagages.
Le magasin qui suivait offrait, lui, d’un côté graines pour oiseaux et de l’autre des fusils, cartouches, de nombreux clients venaient de loin pour acheter ses articles surtout les
graines.
La modiste dans sa petite échoppe confectionnait elle-même ses chapeaux. Si votre chapeau était usagé, elle pouvait le retransformer à votre goût.
Voilà il reste avant d’arriver à la place Gambetta une grande quincaillerie.
Je regrette d’avoir oublié le nom de tous ces braves gens, mais le souvenir de cette vie là reste intact. La rue maintenant? Disons que c’est une autre époque pour moi…

Voici une photo de la rue Lazarre Bernard en 1900...si vous en trouvez une plus
récente, faites nous signe !!
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